Orpaillage à Diawala : la FECOMCI et le sous-préfet appelle les acteurs à sortir de l’informel par les coopératives

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Le sous-préfet de Diawala, Bouatini Sévérin et la Fédération des coopératives minières de Côte d’Ivoire (FECOMCI), présidée par Koné Seydou sont pour l’accélération de la formalisation des acteurs de l’exploitation minière artisanale en coopératives, dans le département de Ouangolodougou. Sous l’initiative du sous-préfet, ils ont pris part, le vendredi 21 août 2026, à une journée de sensibilisation des jeunes et des populations, autour de la nécessité de créer des coopératives minières pour sortir de l’illégalité.

Face aux jeunes et aux acteurs de l’orpaillage, le président de la FECOMCI, Koné Seydou, a appelé à une prise de conscience collective sur l’avenir du secteur. Il a reconnu le poids économique de l’activité minière artisanale, qui fait vivre de nombreuses familles, crée des emplois et génère des activités économiques, tout en soulignant les difficultés qui continuent de l’entacher.

Des responsables de coopératives ont reçu fraichement des mains du commandant leur agrément.

« Quel avenir voulons-nous pour l’exploitation minière artisanale dans nos territoires ? », s’est-il interrogé, avant d’énumérer les principaux défis : désordre, informalité, exploitation illégale, absence de traçabilité, insuffisance de formation, accidents, conflits et dégradation de l’environnement.

Pour le président de la FECOMCI, l’organisation des exploitants en coopératives constitue l’une des principales voies permettant de répondre à ces difficultés. Il a toutefois insisté sur la nécessité de comprendre la coopérative comme un véritable outil de structuration du secteur et non comme une simple formalité administrative.

« La coopérative ne doit pas être un simple document administratif, mais plutôt un véritable instrument d’organisation, de formalisation, de formation, de solidarité, de discipline et de responsabilisation des acteurs », a-t-il déclaré.

Tuo Kafana recevant des mains du sous-préfet Bouatini Sévérin, ses deux permis d’exploitation.

Koné Seydou a par ailleurs tenu à lever toute ambiguïté sur les effets juridiques de l’adhésion à une coopérative. « Créer une coopérative ne donne pas automatiquement le droit d’exploiter une mine. Et être membre de la FECOMCI ne remplace aucune autorisation exigée par l’État », a-t-il précisé.

La fédération entend ainsi faire des coopératives une « porte d’entrée vers l’organisation, la responsabilité et la formalisation », sans qu’elles deviennent un moyen de couvrir des activités illégales.

Autre préoccupation soulevée par le président de la FECOMCI : la protection de l’environnement. Koné Seydou a appelé les exploitants à intégrer cette question au cœur de leurs pratiques.

Selon lui, l’exploitation de l’or ne doit pas conduire à laisser aux générations futures « des terres détruites et des cours d’eau pollués ». La fédération veut notamment promouvoir auprès des coopératives la protection des cours d’eau, la prévention des pollutions, la gestion responsable des déchets miniers, la sécurisation des excavations, la réhabilitation des sites exploités et le reboisement. « L’or ne doit pas nous coûter notre eau », a-t-il martelé.

La table des officiels.

Pour accompagner cette transformation, la FECOMCI a mis en place une organisation structurée destinée à permettre à chaque responsable de jouer pleinement son rôle et à favoriser une évolution du secteur minier artisanal dans la clarté et le respect des règles.

Au terme de son intervention, Koné Seydou a invité les 17 coopératives de Diawala à rejoindre la FECOMCI. L’objectif affiché est de fédérer les acteurs afin de mieux porter leurs préoccupations auprès des pouvoirs publics et de rechercher ensemble des solutions aux difficultés rencontrées sur le terrain.

Avant l’intervention du président de la FECOMCI, le sous-préfet de Diawala, Sévérin Bouatini, a dressé le bilan de son action depuis sa prise de fonction en août 2025. Il a salué les progrès enregistrés dans la lutte contre l’orpaillage illégal, notamment le coaching pour la constitution légale de 17 coopératives minières.

Selon lui, la sous-préfecture revient de loin. À son arrivée, Diawala faisait face à une situation qu’il a qualifiée de « chaotique », marquée notamment par les conséquences sociales et sécuritaires liées à la présence d’orpailleurs illégaux.

La photo de famille.

Le sous-préfet a cité, entre autres, la prostitution, l’augmentation des grossesses en cours de scolarité, les violences, les viols et les accidents de la circulation. Il a également évoqué les risques sécuritaires liés à la proximité de zones affectées par les activités de groupes djihadistes.

Pour inverser cette tendance, Sévérin Bouatini dit avoir misé sur une combinaison de sensibilisation et de répression avec l’aide de la haute direction de la Gendarmerie ivoirienne. Il a de nouveau exhorté les jeunes et les exploitants miniers à se constituer en coopératives et à abandonner le scepticisme face aux démarches de formalisation jugées difficile.

Pour illustrer la faisabilité de ces démarches, il a remis à plusieurs responsables de coopératives leurs documents administratifs leur permettant d’exercer légalement. Il a également remis à Tuo Kafana deux permis d’exploitation minière obtenus auprès de l’administration après des démarches engagées moins d’un an auparavant.

Le sous-préfet a aussi réaffirmé son projet de mettre en place une coordination des coopératives afin de faciliter leur intégration à la FECOMCI.

Sévérin Bouatini a par ailleurs indiqué avoir engagé des démarches auprès du ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafoa Coulibaly, afin d’obtenir une superficie exploitable au profit des jeunes et des exploitants miniers de Diawala, dans l’attente de la régularisation complète de leurs situations.

Cette initiative devrait, selon lui, permettre à l’État de mieux contrôler les exploitants qui ne disposent pas encore des documents nécessaires à la création de leurs coopératives.

Le sous-préfet a également dit avoir sollicité l’appui du vice-premier ministre, président du Conseil régional du Tchologo, Tiéné Birahima Ouattara, pour la formation des membres des coopératives et accompagner les exploitants qui ne sont pas encore organisés à obtenir leurs documents.

Présent à la rencontre, Jacques Soro, chef du service Mines de la Direction régionale des Mines du Tchologo, a pour sa part expliqué les différentes démarches à effectuer pour créer une coopérative et obtenir un permis d’exploitation.

La rencontre a également enregistré la présence d’Ahoua Jean-Marie, commandant de brigade de Diawala, d’Oria Kouassi, chef de poste des Eaux et Forêts, de représentants de la Direction régionale des Mines ainsi que de plusieurs chefs de village.

Benoît Kadjo

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